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[Act of sheer will] Produire un fan film : Crétacé Parc

[Act of sheer will] Produire un fan film : Crétacé Parc

"Act of sheer will", pour reprendre les mots de John Hammond, est une série d'articles visant à mettre en lumière les fans qui dans l'ombre consacrent tout ou partie de leur temps libre à un projet rendant hommage ou inspiré de Jurassic Park.

 

En ce premier jour de Jurassic June, oublions quelques instants le blockbuster Jurassic World en approche pour revenir sur un projet de fan déjà évoqué en ces pages, Crétacé Parc. Fan-film d'un genre particulier, premier projet achevé parmi ceux que nous évoquons depuis le lancement de cette rubrique, Crétacé Parc a eu la chance d'être projeté dans plusieurs salles de Bretagne. A deux jours d'une nouvelle projection dans le cadre du Festival du Film de l'Ouest c'est l'occasion de discuter du film avec le réalisateur et porteur du projet, Benoit Grémare.

Interview à lire de préférence après avoir vu le film : http://www.youtube.com/watch?v=5W7jN2ArYpo

 

JPFR : Après avoir vu Crétacé Parc je le décrirais comme un "hommage meta-parodique". Hommage cela va sans dire, parodique pour le ton, et meta pour la mise en abime et parce qu'on sent poindre quelques éléments de critique sur le cinéma et le formatage des films. J'ai bon ? :-) Quelle était l'intention derrière le projet ?

L'hommage est vraiment la base de Crétacé Parc qui a été mis en chantier en mai 2013 à l'occasion de la sortie en salle de Jurassic Park 3D. Pour notre association, il s'agissait de saluer un film qui a marqué les esprits de l'équipe et qui, à titre personnel, m'a donné envie de faire du cinéma. D'où la proposition de réaliser ce remake du film dans un ton parodique qui s'est greffé assez naturellement du fait du côté amateur, c'est-à-dire sans financement, de notre production.

Il était plus facile de tourner une comédie avec les moyens à notre disposition que de rivaliser en technique avec la synthèse ou l'animatronique. Et pour éviter de ne réaliser qu'une énième copie de Jurassic Park, nous avons voulu mettre en abime ce film dans un préquel français en prêtant le flan aux critiques portées aux films de dinosaures. Lorsque le réalisateur Etienne Jeumont, principal héros du film, explique le désintérêt d'un film de dinosaures sans scénario, nous désamorçons l'attente de spectateurs qui veulent voir des animaux gigantesques sans aller plus loin dans leur réflexion.

Jurassic Park offre une morale, notamment avec la tirade de Ian Malcolm sur le progrès scientifique et la manière de l'utiliser sans jouer avec la nature. C'est bien ce formatage des films de dinosaures entendant surfer sur la vague Jurassic Park que nous voulions éviter en le désignant du doigt. Le qualificatif d'hommage méta-parodique est bien trouvé.

 

JPFR : En plus du scénario et des dialogues, il m'a semblé retrouver dans Crétacé Parc certains gimmicks de réalisation de Jurassic Park. Dans quelle mesure avez-vous étudié le film de Spielberg pour vous en inspirer ?

L'hommage scénaristique s'est effectivement doublé d'un apprentissage du cinéma par imitation. A travers l'œuvre de Spielberg, la réalisation de certains plans, devenus cultes comme la scène du verre d'eau, devaient absolument être reproduits par notre équipe pour un hommage digne de ce nom. Et sans faire du plan par plan, le storyboard nous a permis de déceler quelques erreurs ou répétitions Par exemple le fait de passer deux fois devant l'enclos du Tyrannosaure, par exemple le fait de passer deux fois devant l'enclos du Tyrannosaure, que nous avons voulu éviter dans Crétacé Parc, nous demandant avec le recul si nous ne pouvions pas améliorer certaines scènes avec nos moyens à disposition. Ainsi durant la préproduction, nous avons vraiment décortiqué Jurassic Park avec l'ambition de reproduire, d'améliorer et de personnaliser les séquences, vivant une sorte de retour sur émerveillement.

 

JPFR : Le twist du générateur secondaire, issu du livre, est absent du film de Spielberg. Y'a-t-il une raison particulière pour que vous l'ayez mis en scène dans Crétacé Parc ? Un attrait spécifique pour ce passage du livre ?

Le scénario de Crétacé Parc mélange des scènes du film et du roman pour en retirer le meilleur. Après avoir relu le livre de Michael Crichton, nous avons remarqué que la tension était à son comble par cette scène : tout le monde, dont John Hammond, croit la situation rétablie, le parc fonctionne à nouveau puis tout s'arrête ! Règne l'incompréhension la plus totale jusqu'à ce qu'Arnold comprend que le générateur secondaire, qui sert uniquement à rétablir le générateur principal, a été utilisé à sa place depuis la coupure pour la maintenance du parc. Et ses réserves arrivant à terme rendent impossible tout redémarrage, le contrôle du parc est alors définitivement perdu. Cette scène nous semblait le climax de l'histoire, passant d'un sentiment de sécurité à la panique en quelques secondes, et je trouvais dommage qu'elle ne fut pas dans le film d'où sa mise en scène dans Crétacé Parc.

 

JPFR : Selon certaines sources, la scène de Jurassic Park où Hammond propose à Grant de visiter son parc en échange de financement est une mise en abîme de la proposition faite par Universal à Spielberg: réaliser Jurassic Park en échange du financement de Schindler. La boucle est bouclée dans Crétacé Parc, avec le personnage de Chrématis qui commande un film sur son parc. Etait-ce intentionnel? Aviez-vous connaissance de cette anecdote en écrivant la scène ?

Chapeau bas ! C'est exactement l'anecdote à laquelle fait référence la première scène. Dans l'esprit d'une préquel visant à expliquer la création de Jurassic Park, cette discrète allusion nous a paru intéressante, que l'on retrouve relayée par les trois personnages principaux. Le personnage d'Etienne Jeumont est sensé incarner Steven Spielberg - avec quelques modifications de sa personnalité pour accentuer le côté comique du film. Tout comme Jean-Sol Partre qui est un mélange de Michael Crichton et d'un Jean-Paul Sartre imaginaire issu de Boris Vian. Enfin la personnalité de la productrice Kathleen Kennedy a quant à elle été complètement inventée pour le personnage de Justine Delacour. Cette mise en abime est double car elle intègre les expériences et anecdotes de notre propre association accumulés sur les plateaux de tournages et au travers des difficultés du cinéma amateur, largement exagérés pour rendre dynamique la scène d'ouverture du film.

 

JPFR : Enfin s'il y avait une suite à Crétacé Parc, ce serait plutôt Crétacé World ou Le Monde Retrouvé ? :-)

La suite logique serait évidemment Jurassic Park ! Mais côté fanfilm, on pourrait aller plus loin avec une suite mixant à la fois des éléments du Monde Perdu et du prochain Jurassic World. Tout dépendra du retour public de Crétacé Parc ainsi que de la volonté des acteurs de continuer, mais l'expérience du tournage de ce "Jurassic Park breton" a été si bénéfique que revenir dans cette fiction sera toujours un vrai plaisir.

 

Crétacé Parc sera projeté mercredi 3 juin au cinéma Le Triskell à Betton (56) dans le cadre du Festival des Films de l'Ouest. Il sera ensuite proposé aux cinémas bretons pour une diffusion en pré-séance de Jurassic World.

Vous pouvez suivre l'actualité du projet sur sa page Facebook: https://www.facebook.com/cretaceparc

Crétacé Parc a également une page qui lui est consacrée dans notre section Fan Films: http://www.jurassic-park.fr/page-55-cretace-parc.html

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